Lire en
    Conseils mobilité 14 min de lecture

    Numéro de sécurité sociale pour un stage à l'étranger : le guide complet pays par pays

    Le besoin ou non d'un numéro de sécurité sociale du pays d'accueil pour votre stage Erasmus+ dépend de trois éléments : le stage est-il rémunéré, votre pays d'origine délivre-t-il un document portable A1 vous maintenant affilié au régime national, et le système de paie du pays d'accueil accepte-t-il d'enregistrer des stagiaires sur la seule base de la Carte européenne d'assurance maladie (CEAM). Règle générale : les stages rémunérés en Espagne, au Portugal et en Italie nécessitent un numéro national à votre nom ; les stages rémunérés en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et en Irlande acceptent la combinaison A1 + CEAM pour les courtes durées ; les stages non rémunérés, partout, ne nécessitent que la CEAM et l'assurance accident/responsabilité civile Erasmus+.

    PE
    Piktalent Editorial
    24 juillet 2026Vérifié le 22 juin 2026
    01

    Les trois documents qui comptent

    Avant toute démarche spécifique à un pays, il faut bien distinguer les trois pièces qui régissent le traitement de la sécurité sociale pour tout stagiaire se déplaçant au sein de l'UE/EEE. Chacune a un rôle différent et elles ne sont pas interchangeables.

    • CEAM (Carte européenne d'assurance maladie) — couvre les soins médicalement nécessaires dans le système public de tout pays de l'UE/EEE. Gratuite, délivrée par votre organisme d'assurance maladie d'origine.
    • Document portable A1 — prouve que vous restez enregistré dans le régime de sécurité sociale de votre pays d'origine pendant que vous travaillez dans un autre. Délivré par votre institution de sécurité sociale d'origine, généralement valable 12 à 24 mois.
    • Numéro de sécurité sociale du pays d'accueil (NUSS en Espagne, numéro de Sécurité sociale en France, Numero INPS en Italie, Sozialversicherungsnummer en Allemagne, etc.) — requis lorsque l'organisme d'accueil vous inscrit à la paie locale.

    Considérez la CEAM comme votre passeport santé, l'A1 comme votre passeport de cotisations, et le numéro du pays d'accueil comme votre identifiant de paie. La plupart des litiges Erasmus+ surviennent lorsque l'un des trois manque et que le logiciel de comptabilité de l'organisme d'accueil refuse tout simplement d'avancer.

    02

    Quand vous avez réellement besoin d'un numéro du pays d'accueil

    La ligne de partage, c'est la paie, pas le visa. Si l'argent circule d'un compte bancaire de l'entreprise d'accueil vers le vôtre via un système de paie local, le comptable de l'organisme d'accueil aura besoin d'un numéro pour déclarer les cotisations, même réduites dans le cadre d'un Convenio Erasmus+.

    • Stage rémunéré en Espagne → NUSS obligatoire. L'organisme d'accueil le demande via Importass pour les étrangers non immatriculés.
    • Stage rémunéré au Portugal → NISS obligatoire. À demander sur Segurança Social Direta avant de signer le protocole enregistré à l'IEFP.
    • Stage rémunéré en Italie → Codice Fiscale + Numero INPS requis pour que l'organisme d'accueil dépose l'UniLav.
    • Stage rémunéré en Allemagne → pas toujours nécessaire si vous avez un A1 ; sinon, l'organisme d'accueil demande une Sozialversicherungsnummer via la Krankenkasse.
    • Stage rémunéré en France → le NIR (numéro provisoire) est délivré automatiquement lorsque l'organisme d'accueil déclare le contrat via la DPAE.
    • Stage rémunéré aux Pays-Bas → BSN (Burgerservicenummer) requis pour tout contrat de plus de 4 mois ou toute indemnité supérieure à 350 €/mois.
    • Stage rémunéré en Irlande → numéro PPS requis dès la première semaine de tout contrat rémunéré, quelle qu'en soit la durée.
    03

    Ce que l'A1 fait et ne fait pas

    L'A1 vous maintient dans votre régime de sécurité sociale d'origine — votre pays d'origine continue de percevoir les cotisations et vous restez couvert pour la retraite et le chômage. Il n'exonère pas l'organisme d'accueil de ses obligations de droit du travail local (indemnité minimale en France, salaire minimum en Allemagne pour les stages de plus de 3 mois) et il ne remplace pas le numéro de sécurité sociale du pays d'accueil lorsque celui-ci doit déclarer des cotisations localement pour l'assurance accident.

    • Obtenez l'A1 auprès de votre organisme d'origine (URSSAF en France, INSS en Espagne, INPS en Italie, ZUS en Pologne, DRV en Allemagne, etc.) avant votre départ.
    • Envoyez-en une copie à votre organisme d'accueil dès sa délivrance — de nombreux systèmes de paie sont bloqués sans lui.
    • La validité est généralement de 12 mois pour les travailleurs détachés et jusqu'à 24 mois pour les étudiants en stage.

    Si votre pays d'origine refuse de délivrer un A1 (cas fréquent pour les étudiants n'ayant jamais travaillé et donc sans dossier employeur), l'organisme d'accueil vous traitera comme un « travailleur pour la première fois » et vous inscrira dans le régime local dès le premier jour. Ce n'est pas un problème — mais demandez à votre établissement d'origine une confirmation écrite du refus, dont l'équipe de paie de l'organisme d'accueil aura besoin dans son dossier.

    Les stages non rémunérés n'exigent presque jamais de numéro de sécurité sociale
    La plupart des stages Erasmus+ non rémunérés sont entièrement couverts par la CEAM pour les soins publics, plus l'assurance accident et responsabilité civile obligatoire du programme Erasmus+. Aucun numéro de sécurité sociale du pays d'accueil n'est requis, sauf si la loi locale l'exige explicitement (par exemple les déclarations INAIL en Italie pour les stages pratiques).
    04

    Indemnité rémunérée vs Convenio non rémunéré — pourquoi cela change tout

    Les stages Erasmus+ couvrent un large spectre, du stage académique purement non rémunéré au contrat de stagiaire entièrement salarié, indiscernable d'un emploi. Votre place sur ce spectre détermine tout le régime de sécurité sociale applicable.

    • Convenio non rémunéré — stage purement académique, pas de paie, pas de cotisations. La CEAM + l'assurance Erasmus+ suffisent dans la plupart des pays.
    • Indemnité sous le seuil national (par ex. <350 €/mois aux Pays-Bas, <600 €/mois en Allemagne) — l'organisme d'accueil la traite comme un remboursement, pas un revenu. Aucun numéro de sécurité sociale requis dans la plupart des cas.
    • Indemnité égale ou supérieure au seuil — l'organisme d'accueil la fait passer par la paie ; le numéro de sécurité sociale complet du pays d'accueil est requis.
    • Contrat de stagiaire (CDD stage, contratto di apprendistato, Praktikantenvertrag) — traitement d'employé à part entière. Numéro local requis dès le premier jour, A1 toujours recommandé.

    En cas de doute, posez une seule question à votre organisme d'accueil : « Est-ce le service paie ou le service comptabilité fournisseurs qui traite mon indemnité ? » Si c'est la paie, il vous faut le numéro ; si c'est la comptabilité fournisseurs, en général non.

    05

    Comment faire la demande, pays par pays

    Les démarches diffèrent fortement selon les pays. Dans la plupart des cas, c'est l'organisme d'accueil qui initie la demande et vous fournissez les pièces justificatives — mais en Espagne, au Portugal et en Irlande, vous vous déplacez généralement en personne.

    • Espagne (NUSS) — Importass en ligne ou en personne dans n'importe quelle Tesorería General de la Seguridad Social. Besoin du NIE, du passeport, du Convenio signé. 1 à 3 jours.
    • Portugal (NISS) — Segurança Social Direta avec le NIF, le passeport, le protocole signé. Le jour même à 1 semaine.
    • Italie (INPS) — l'organisme d'accueil vous inscrit via l'UniLav une fois que vous avez un Codice Fiscale de l'Agenzia delle Entrate.
    • Allemagne (Sozialversicherungsnummer) — à demander via la Krankenkasse que vous rejoignez ; certains stagiaires la reçoivent automatiquement après l'enregistrement de leur adresse (Anmeldung).
    • France (NIR provisoire) — délivré par la déclaration URSSAF de l'organisme d'accueil ; le NIR définitif nécessite une affiliation à la CPAM avec un extrait d'acte de naissance intégral (apostillé si hors UE).
    • Pays-Bas (BSN) — délivré à la Gemeente lors de l'enregistrement de votre adresse ; besoin du passeport, du bail et (pour les non-UE) du titre de séjour. Délivrance le jour même dans la plupart des villes, 1 à 2 semaines à Amsterdam.
    • Irlande (PPS) — prenez rendez-vous sur MyWelfare.ie ou dans un PPS Centre ; besoin du passeport, d'un justificatif de domicile (facture ou bail) et de l'offre signée de l'organisme d'accueil. 5 à 10 jours ouvrés.
    06

    Fiscalité vs sécurité sociale — pourquoi les stagiaires confondent les deux

    La plupart des pays délivrent des identifiants distincts pour la fiscalité et pour la sécurité sociale. Les stagiaires pensent souvent « j'ai le numéro fiscal, la paie peut donc démarrer » — pour découvrir ensuite que le système de paie exige un numéro totalement différent.

    • Espagne — le NIE est l'identifiant fiscal ; le NUSS est le numéro de sécurité sociale. Il vous faut les DEUX pour un stage rémunéré.
    • Italie — le Codice Fiscale est l'identifiant fiscal ; le Numero INPS est le numéro de sécurité sociale. Le CF est délivré instantanément à l'Agenzia delle Entrate ; le numéro INPS est déposé par l'organisme d'accueil via l'UniLav.
    • Portugal — le NIF est l'identifiant fiscal ; le NISS est le numéro de sécurité sociale. Les deux peuvent être obtenus le même jour dans une Loja do Cidadão.
    • France — le NIR est le numéro de sécurité sociale ; les obligations fiscales d'un stagiaire non résident relèvent généralement de son pays d'origine.
    • Allemagne — le Steuer-ID est l'identifiant fiscal ; la Sozialversicherungsnummer est le numéro de sécurité sociale. Le Steuer-ID arrive par courrier après l'Anmeldung ; le numéro SV provient de la Krankenkasse.
    07

    Ce qu'il advient de vos cotisations

    Une inquiétude fréquente est de savoir si de courtes cotisations Erasmus+ sont « perdues ». Ce n'est pas le cas — la coordination européenne de sécurité sociale existe précisément pour l'éviter.

    • Avec un A1, les cotisations restent dans votre pays d'origine et comptent pleinement pour votre retraite et vos droits au chômage nationaux.
    • Sans A1, les cotisations vont au pays d'accueil. En vertu du règlement (CE) n° 883/2004, le pays d'accueil doit transférer l'historique de cotisations à votre institution d'origine sur demande à votre retour.
    • Même de très courtes périodes de cotisation (1 à 6 mois) sont agrégées pour la retraite dans toute l'UE — aucune n'est perdue.
    • Les droits au chômage restent rattachés au pays où vous avez travaillé en dernier sous leur régime. Si vous terminez un stage rémunéré à l'étranger et souhaitez demander le chômage chez vous, transférez vos droits via le formulaire U1 dans les 7 jours suivant votre retour.
    Demandez toujours le formulaire U1 le dernier jour
    Le formulaire U1 documente les périodes d'assurance à l'étranger et c'est le document le plus utile à rapporter d'un stage rémunéré. Même si vous pensez ne pas en avoir besoin, demandez-le à l'institution de sécurité sociale de l'organisme d'accueil avant votre départ — une délivrance rétroactive depuis l'étranger prend des mois.
    08

    Check-list de départ avant de rentrer

    La semaine précédant votre dernier jour est le moment de clore toutes les démarches administratives. Les dossiers laissés ouverts depuis l'étranger prennent trois fois plus de temps à régler à distance.

    • Demandez le formulaire U1 (historique des périodes d'assurance) à l'institution de sécurité sociale de l'organisme d'accueil.
    • Demandez une attestation d'emploi (type P45) aux RH de l'organisme d'accueil si de la paie a été traitée.
    • Résiliez toute assurance santé privée locale souscrite en complément de la CEAM.
    • Désinscrivez votre adresse (Abmeldung en Allemagne, Baja del Padrón en Espagne) là où c'est requis — ne pas le faire entraîne des obligations fiscales continues.
    • Conservez tous vos bulletins de salaire pendant au moins 4 ans — ce sont les seules preuves de cotisation en cas de litige ultérieur sur le U1.
    09

    Erreurs fréquentes

    • Penser que la CEAM remplace un numéro du pays d'accueil — elle ne couvre que la santé, pas la paie.
    • Démarrer la demande dans le pays d'accueil avant d'avoir obtenu l'offre signée de l'organisme d'accueil — la plupart des systèmes exigent la référence du contrat.
    • Oublier de demander l'A1 — une fois sur place, la délivrance rétroactive est lente et l'organisme d'accueil peut exiger une inscription locale en attendant.
    • Confondre le Codice Fiscale (identifiant fiscal italien) avec le Numero INPS (sécurité sociale italienne) — ce sont des documents distincts émis par des ministères différents.
    • Considérer la CEAM comme un substitut d'assurance privée — elle ne couvre ni le rapatriement, ni les soins dentaires, ni aucun prestataire privé.
    • Laisser l'A1 expirer en cours de stage sans demander de prolongation — la paie gèle souvent les cotisations jusqu'au renouvellement.

    Poursuivre la lecture sur Piktalent

    Questions fréquentes

    Continuer l'exploration

    Des pages du site Piktalent qui approfondissent les sujets abordés ci-dessus.

    Références

    Sources officielles citées dans cet article. Tous les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet.

    1. European Health Insurance Card (EHIC)European Commission
    2. Portable Document A1 — applicable legislationEuropean Commission
    3. Importass — Tesorería General de la Seguridad Social (Spain)Gobierno de España
    4. Segurança Social Direta (Portugal)Segurança Social
    5. Regulation (EC) No 883/2004 on social-security coordinationEUR-Lex
    6. Form U1 — periods of insurance abroadEuropean Commission
    7. INPS — UniLav declaration (Italy)Istituto Nazionale della Previdenza Sociale
    8. URSSAF — DPAE déclaration préalable à l'embauche (France)URSSAF
    9. BSN — Burgerservicenummer (Netherlands)Rijksoverheid
    10. PPS Number (Ireland)Department of Social Protection
    PE

    À propos des auteurs

    Rédaction Piktalent — praticiens de la mobilité Erasmus+ depuis 2009

    Ce guide est rédigé par l'équipe éditoriale et placement de Piktalent. Piktalent est la marque mobilité de The Student Mobility Group, qui organise des stages internationaux et des mobilités Erasmus+ depuis 2009. Nous plaçons des étudiants dans des entreprises d'accueil en Europe et aux États-Unis, signons les conventions de stage, vérifions les structures d'accueil et accompagnons les participants sur place : les procédures décrites ici sont celles que nous appliquons nous-mêmes, pas un résumé d'autres sites.

    Pourquoi nous sommes légitimes sur ce sujet

    • En activité depuis 2009 sous le nom de The Student Mobility Group ; Piktalent depuis 2023.
    • Mobilités Erasmus+ KA131, KA171, KA121 et KA122 gérées de bout en bout pour les organismes d'envoi.
    • Vérification des entreprises d'accueil, conventions de stage, logement, assurances et soutien local dans plus de 30 pays.
    • Contact quotidien direct avec les agences nationales, les employeurs d'accueil, les universités et les organismes de formation professionnelle.

    Comment cet article est vérifié

    • Chaque affirmation factuelle est contrôlée auprès d'une source primaire — institutions européennes, agences nationales, ministères ou statistiques officielles — avant publication.
    • Chiffres, frais et échéances sont revérifiés à la date de vérification indiquée en haut de l'article.
    • Les procédures sont recoupées avec les dossiers traités par notre équipe placement au cours des 12 derniers mois.
    • Les corrections sont bienvenues : écrivez-nous et nous mettons le guide à jour en indiquant la date de modification.
    Relu par l'équipe placement de Piktalent · 22 juin 2026Une erreur ? Contactez-nous

    Besoin d'aide pour organiser une mobilité Erasmus+ ?

    Nous assurons la recherche d'entreprises d'accueil, les contrats, le logement et un support 24/7, de bout en bout.